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La lettre du Corps Mémoire

Témoignage de A. 6 mois après son séjour

J'ai reçu le témoignage de A. il y a quelques semaines et avec son autorisation*, je souhaite vous le faire partager.

Je trouve ce témoignage exemplaire, non pas tant pour son contenu qui variera d'une personne à l'autre, d'une rencontre à l'autre, mais exemplaire dans sa liberté et par sa proximité avec le vécu sensible et c'est pourquoi j'ai eu envie que vous puissiez le lire à votre tour, car j'ai été touché par sa sincérité toute simple et sa lucidité. Je remercie A. car sans témoignage comme le sien, il m'est très difficile de vous donner un aperçu de ce qui se passe pendant les séjours ou les séances. C'est beaucoup d'intimité, et il est rare qu'elle soit partagée. Merci.

Chacun trouvera pour soi de quoi être touché par tel ou tel passage. Si vous souhaitez, vous, non pas commenter ni interpréter, mais partager ce qui vous touche à la lecture de cette lettre, je pourrai transmettre vos messages à A. et pourquoi pas les réunir dans une prochaine lettre du Corps Mémoire.

VOICI LE TÉMOIGNAGE DE A.:

...

Vous m'aviez demandé de donner de mes nouvelles, j'étais venue vous voir en juillet dernier, en bien mauvais état, et vous m'avez reçue en pleurs car je ne pouvais pas m'exprimer autrement tellement j'étais mal.

Mes séances étaient très éprouvantes, très douloureuses, très physiques, une accumulation de souffrances qui avait atteint son trop plein.

Mon corps m'avait parlé consciemment et inconsciemment, me disait qu'il n'en pouvait plus de tout garder à l'intérieur, se manifestant en me faisant mal, mal au dos, mal aux épaules et aux cervicales, à la mâchoire de trop serrer les dents, au ventre et surtout au coeur.

La souffrance m'a guidée vers vous, je ne me suis posée aucune question et n'ai eu aucune hésitation. Dans un coin de mon carnet d'adresses j'avais vos coordonnées depuis 3 ou 4 ans, que j'avais trouvées sur internet et en quelques jours j'ai organisé mes vacances autour de notre rencontre.

Je cherchais de l'aide depuis longtemps, j'en avais trouvé, mon docteur, mon kiné, ma psy, de la lecture sur le sujet, une réflexologue, mon ostéopathe. Tous m'ont aidée à leur façon, avec leurs moyens, ont tous compris ma très grande souffrance, m'ont appris à me connaître et à mettre des mots sur mes maux, ont apaisé mes souffrances momentanément.

Mais personne n'avait jamais réussi à explorer au plus profond de mon corps ce que je gardais emmuré, emprisonné, gravé. Cette souffrance si intense si douloureuse que je retenais inconsciemment pour me sauvegarder par peur de souffrir encore davantage. Je me protégeais contre moi-même car je pense que mon corps et mon esprit n'auraient pas supporté.

Et puis en juillet, le déclic, je n'avais plus le choix, je suis venue guidée, sans peur, sans appréhension, sans hésitation, c'est mon corps qui l'a décidé.

Je ne savais pas ce qui m'attendait. Jamais je n'aurais cru vivre une telle expérience. J'ai eu de suite une confiance absolue en vous et à peine assise face à vous, je me suis effondrée. Je savais que je trouverais de l'aide avec vous.

Ce que j'ai vécu était une véritable délivrance, j'ai accouché de mes souffrances. Des miennes et de celles qui ne m'appartenaient pas. Des douleurs vives, bien précises, le bas du ventre se contractait, mes poumons se resserraient et m'empêchaient de respirer, je serrais les dents si fort, soufflait pour récupérer et les larmes, intarissables. Mon coeur me faisait si mal, des brûlures, des blessures comme si on l'étranglait, comme s'il était couvert d'hématomes et que l'on appuyait dessus.

J'ai mis du temps à récupérer et à me remettre sur pied après la séance et au gîte où j'étais, j'ai beaucoup dormi, besoin d'être seule et de m'isoler, de revivre dans ma tête ces épreuves pour les digérer, pour les évacuer encore un peu plus et de me rendre compte de la place qu'il y avait maintenant à l'intérieur de mon corps, de cette liberté d'espace, j'avais cassé le mur, ouvert les grilles et encore aujourd'hui, j'ai ce besoin de vous en reparler, de redérouler le film, pour encore un peu plus me libérer.

6 mois ont passé, vous m'aviez dit que tout n'était pas terminé, qu'il restait encore du travail à faire, de la douleur à évacuer, mais qu'elle n'aurait plus le même impact sur mon corps.
C'est vrai, je l'ai constaté, j'ai vécu des épreuves difficiles, le décès de mon père, une déception amoureuse, ma fille qui a perdu son bébé à 5 mois ½ de grossesse. Et le processus de souffrance s'est enclenché mais beaucoup moins violemment et sur un temps plus court comme si je maîtrisais mon corps, je comprenais mes réactions et les acceptais, laissais faire mon corps et mon esprit et réagissait différemment, je ne subissais plus, je ne paniquais plus. Sauf peut-être pour ma fille, ça a été plus difficile, j'ai ressenti des douleurs très fortes comme en juillet avec vous, je voulais prendre sa douleur et la vivre à sa place, j'ai été mal plusieurs semaines.

Je reste très émotive, très sensible et fragile. Toujours en quête d'amour, un énorme besoin d'amour, c'est vital pour moi, ce manque d'amour m'accompagne au quotidien. Je le gère beaucoup mieux qu'avant, ne prends plus aucun médicament depuis 6 mois et pleure beaucoup moins et si je pleure cela s'arrête plus rapidement. Je ressens souvent une grand fatigue physique et mentale et mon coeur parfois me fait mal. Vous m'avez aidée à évacuer beaucoup de souffrance et j'en ai la preuve chaque jour. Mais je reviendrai vous voir [...] je pense pour continuer à avancer, pour ouvrir encore un peu plus d'espace de liberté dans mon corps, je le ressens il en a besoin pour être en paix.

...

A.

*Plus tard, par mail : "Vous pouvez publier mon témoignage , et espère qu'à travers lui d'autres personnes en souffrance comme moi écouteront leur petite voix intérieure et se laisseront guider vers vous , simplement je souhaiterai que vous le signez par la lettre A comme amour."

Francis Lemaire

Lettre diffusée le 28 février 2011.

 

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