Relaxation - Détente Accompagnement au mieux-être
Massages de bien-être Massage de bien-être, toucher relaxant, connaissance de soi, thérapie
Technique d'identification des peurs inconscientes

> Voir d'autres
exemples de lettres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lettre du Corps Mémoire

Témoignage d'E.V. en écho à celui de A.

Suite au témoignage de A., j'ai reçu un autre témoignage qui lui fait écho.
Il me semble que pour celles et ceux qui s'intéressent aux sujets qui sont abordés ici, il est profitable d'avoir accès directement à l'expression d'un vécu plutôt qu'à toutes les idées très intelligentes que nous pouvons échanger mais qui finalement apportent peu tant qu'elles ne sont pas incarnées, expérimentées, vécues.

De plus, le fait de livrer ces témoignages qui retracent des souffrances, - j'espère que leur lecture ne vous effraie pas trop ! - de les abandonner à des lecteurs inconnus est une marque supplémentaire de confiance. Quand on souffre, on peut être amené à s'attacher à sa souffrance. En laisser publier la trace est une façon de continuer à s'en détacher, à ne plus y tenir tel un naufragé s'accrochant à sa planche.

E. est venue plusieurs fois en séjour puis comme elle le dit, nous avons poursuivi ensuite par mail et téléphone. Son témoignage est l'expression d'un cheminement ancré dans la vie autant que celui de l'expérience ponctuelle d'un séjour.


Témoignage d'E.V.

A la fois semblables et différents, ce qui relie nos chemins de vie c'est qu'un jour ils ont pris la direction de l'Aveyron, de cette vallée de la Muse, encore un peu ignorée des touristes qui préfèrent celles plus connues du Tarn et de la Jonte. Tant mieux !

Il y a des urgences de la vie intérieure pour lesquelles les habituels numéros SOS ne peuvent rien.

C'est aussi Internet qui me conduisit chez Francis. Le premier échange téléphonique confirma ce qui semblait s'imposer à moi. Je ne dirai pas mon corps car je ne savais pas le prendre en compte puisque j'étais sur le point de le mener au bout de ses forces humaines et qu'il s'agissait presque pour moi de reprendre souffle, d'enfin prendre soin de lui… Il me fallait une aide. Il me fallait des bras qui me contiennent, quelqu'un qui m'aide à lâcher tout ce qui me constituait et qui allait me faire mourir* pour me permettre de Renaître.

On peut mourir d'une overdose d'exigences que l'on s'est imposé à soi même pour palier le vide d'un manque premier originel. Je ne respirais plus, oui il y avait urgence ! Que la carapace s'entrouvre et me permette à nouveau de respirer.

Il y a d'abord la qualité de l'écoute des mots et des silences et ce que Francis attrape au vol pour entrer dans le mystère de ce que nous sommes quand la nuit intérieure est envahissante, noire et sans issue. Ces mots alors prononcés, qui se donnent et qui résonnent encore au détour des jours, m'accompagnent comme des surprises en moi-même. J'entends l'intonation, et le timbre de la voix.

Il y a ensuite cette acceptation de se confier ainsi, de s'abandonner… Il n' y a plus rien à cacher… Faut il qu'une confiance incroyable soit déjà là pour que cela s'accomplisse au-delà de nos volontés rationnelles sans perdre pour autant notre conscience habituelle. C'est consciemment que j'ai franchi ce pas, poussée sans doute par mon instinct de survie, étonnée en moi-même et sachant très sûrement que c'était cela dont j'avais besoin.

Il a fallu faire sauter ces premiers verrous et déclencher des douleurs incroyables… des images et des mots venus de si loin et à peine croyables. Accepter de suivre cette invitation à être dans la sensation, même quand celle-ci étouffe complètement, vous fait hurler ; et peu à peu, Francis me guide, non pour atténuer, mais simplement pour apprendre à vivre en conscience et en totalité. N'être que ce blanc complet dans mon larynx qui ne respire plus. C'est tout.

Et puis dès l'après midi, pouvoir marcher et respirer enfin… Commencement d'un nouveau chemin qui se poursuit… Je suis revenue plusieurs fois, poursuivant cette connaissance intime de sensations oubliées, de ce que mon corps pouvait m'apprendre de moi-même et de mon histoire, moi qui avait organisé toute ma stratégie de défense par la pensée rationnelle et l'action "à corps perdu".

Découvertes intimes de nouveaux territoires :
D'abord renaître … Internet m'avait guidé ! Mais le nom de l'Aveyron avait facilité les choses, seule racine dans un parcours de vie où j'ai bougé sans cesse … mais je ne savais pas que j'étais juste de l'autre coté de la vallée familiale paternelle. C'est en montant sur le Causse rouge que je fis cette découverte ! Et alors me vint l'image du trognon de pomme qui doit être jeté loin de l'arbre originel pour se développer. J'étais venue là dans la vallée d'à coté pour naître à moi-même. Depuis j'ai rempli 6 carnets de notes qui ont porté successivement les titres " Naissance 1…puis 2…Puis ... "

Territoires intimes, où de nouvelles significations se révèlent peu à peu, douloureuses, à peine croyables, puis libératrices.
La douleur replie tout mon intérieur, cela se tend, se tord, s'habille de couleurs et puis il y a par surprise une énergie qui habite, se manifeste dans mes pieds qui veulent bouger comme si j'apprenais à marcher… Et puis, je me sens infinie, où sont mes limites ? Suis-je seule ? Non ce n'est que la vie en totalité qui se donne en moi. Expérience maintenant inscrite que j'oublie à nouveau et retrouve autrement, sans savoir pourquoi cela survient à ce moment là, et qui déverse en moi une énergie qui m'étonne et me console de mes tourments qui se poursuivent.

Ils ont même été assez terribles. Et dans ce chaos intérieur, Francis a continué de m'accompagner, de façon étonnante à distance. Cela m'a permis d'apprendre de mieux en mieux à être pleinement dans ce qui est là… Je choisis d'être là et j'y suis pleinement… Apprentissage sans fin conduit par une curiosité d'enfant… Car j'oublie, je recommence, je sens, je suis, je me perds, je m'étouffe et respire à nouveau, je refuse et j'accepte.

E.V. 13 Mars 2011

___________________
*Précision de Francis : J'ai laissé le texte tel quel, et je supose que c'est "tout ce qui me constituait" qui "allait me faire mourir".


Francis Lemaire

Lettre diffusée le 15 mars 2011.

 

Lettre périodique du Corps Mémoire

Pour recevoir des articles, être informé(e) des nouveautés, laissez votre adresse e-mail ici :

 

 

Lire les autres lettres | Version imprimable | Haut de page

 

Bookmark and Share